Pour tous les héritiers d'une langue qui aurait dû être la leur

Ceux qui ne l'ont pas apprise. Ceux qui s'y remettent. Ceux qui la parlent déjà et savent ce que ça a coûté.

pourquoi

Un silence qui n'a jamais vraiment été choisi

À l'école, dans la rue, au travail, on a appris à une génération que sa langue était un défaut à corriger.

Alors, par amour, on ne la transmet pas à ses enfants. On se tait. On préserve la génération suivante de ces humiliations.

Puis plus personne ne se souvient qu'il y a eu une décision, le silence semble être arrivé naturellement.

Bientôt, on ne sait même plus comment s'appelait notre langue, on la nomme patois. On lui refuse le statut de langue, on lui refuse un nom.

Derrière ce mécanisme, un seul coupable : le mépris.

Beluga est là pour celles et ceux qui refusent que ce soit la fin de l'histoire. Pour ceux qui veulent gagner contre un mépris qui a trop duré.

Ce ne sera pas facile

"Ça m'a pris 8 ans pour trouver un seul livre de grammaire, il faut que ça change. On survivra pas comme ça."

"Je ne savais même pas le vrai nom de ma langue avant mes 25 ans, quand j'ai commencé à l'apprendre"

"Quand j'ai commencé à l'apprendre, ma famille s'inquiétait pour moi. Ils auraient tous préféré que j'apprenne une langue comme l'anglais ou l'italien"

"Un ancien me parlait la langue et j'avais tellement honte que je faisais juste hocher la tête. Longtemps je m'en suis voulu de pas le comprendre."

"Même aujourd'hui, mes parents rougissent et refusent de me répondre quand je leur parle leur langue."

Mais une étincelle peut tout changer

Enracinés dans la belle province

En 2023, on s'est dit qu'il fallait changer tout ça, qu'il était temps que les langues minorisées aient des outils modernes qui aident les descendants à récupérer une langue qui aurait dû être la leur.

Les Éditions Beluga sont une entreprise basée au Québec, une société qui comprend ce que c'est que de lutter contre l'anéantissement linguistique.

Nous sommes aujourd'hui une équipe de quatre personnes qui travaillent en synergie afin de remettre les langues minorisées à la place qui devrait toujours avoir été la leur : dans la bouche de ses héritiers.

Pourquoi Beluga?

D'abord, on pourrait penser qu'on parle de ce sympathique cétacé qui s'amuse avec ceux qui croisent son chemin. Oui, en partie. Mais ce qui nous a vraiment convaincu à donner ce nom à notre mission c'est sa signification cachée. En effet, beluga signifie étincelle en occitan, la langue d'héritage de notre éditrice. Le hasard était trop beau et on a décidé de lier notre mission à ce sympathique cétacé et à ce symbole de renaissance.

Nos lignes directrices

Des langues comme les autres.

Nos langues sont des langues. Elles sont vivantes, belles, capricieuses. Elles peuvent parler à nos enfants, au boulanger ou au philosophe.

Elles ne sont ni des curiosités ni du folklore à conserver dans le formol.

Tous ceux qui veulent contribuer sont les bienvenus.

Peu importe ton héritage, ton niveau, ton accent, ta langue ou pour qui tu votes, si tu veux sortir ta langue du silence, nous sommes à tes côtés.

Réaliste, jamais défaitiste.

Partout à travers le monde, des langues minorisées s'éteignent. Nous en sommes bien conscients.

Nous agissons sans dramatiser et sans décourager celui qui commence.

Tous les succès et les échecs ont quelque chose à nous apprendre.

Parmi les milliers de langues en danger à travers la planète, certaines ont réussi à s'en sortir, d'autres ont de la difficulté.

Dans tous les cas, on peut en tirer de précieuses leçons pour le futur.

Aucune langue ne survit sans sa culture. Aucune culture ne survit sans sa langue.

Une langue n'est pas un habillage interchangeable. Les blagues, les comptines, les noms des lieux : tout ça vit dans une culture unique. Ça ne se transfère pas dans une autre langue. Ça s'évapore.

Toutes les langues se valent et méritent d'exister.

Que votre langue ait sept mots pour désigner la neige ou qu'elle n'ait pas de mots pour les chiffres, elle a exactement la même valeur à nos yeux.

Concrètement

À chaque mois, nous partageons une infolettre qui contient des nouvelles des langues minorisées à travers le monde. Nous y parlons des enjeux qui entourent les langues minorisées et partageons la richesse de ces cultures trop souvent ignorées.

Nous avons aussi un guide pour ceux qui ne savent pas par où commencer dans leur périple. Des pages de ressources, langue par langue pour découvrir ou apprendre une langue minorisée (n'hésitez pas à nous en suggérer d'autres). On rassemble ce qu'on aurait voulu trouver, pour que ceux qui commencent après nous aient un meilleur départ.

Nous n'avons pas de livres pour l'instant. Nous avons mené des études de terrain en Occitanie et en Louisiane pour savoir ce qui manquait vraiment avant d'imprimer quoi que ce soit. Le premier résultat sortira côté occitan, chez Pocapoc, notre maison sœur. D'autres collections, dans d'autres langues minorisées viendront au fur et à mesure que nous grandissons.

Notre infolettre

Un courriel par mois pour lire ceux qui vivent la même chose que toi, et partager ton parcours quand tu seras prêt(e).

Des voix

Chez nous, personne ne savait comment la langue s'appelait. On disait patois. J'ai su vers douze ans qu'il y en avait un dans la famille ; j'ai appris son nom à vingt-cinq, en cherchant par où commencer. Mes parents la comprennent. Ils savent placer deux ou trois expressions et ne peuvent pas dire oui.

Quand j'ai annoncé que je m'y mettais, on m'a répondu que nous, on ne parlait pas occitan, on parlait patois. Une cousine de mon arrière-grand-mère m'a dit de laisser tomber, que ça ne servait à rien. J'ai fini par m'inscrire à l'université.

Je ne la parle toujours pas bien. Certains jours ça avance ; d'autres, je regarde où en est la langue et je me décourage. Je continue quand même. Je fais le travail difficile pour que mes enfants n'aient pas à le faire.

— [Prénom], occitan

D'autres récits s'ajouteront ici. Si tu veux raconter le tien, écris-nous.

La pièce

Bel est un endroit où on peut arriver sans rien.

Aucun niveau requis

Zéro mot compte comme un début.

Aucune question trop bête

On répond à celle qui est posée.

Toutes les langues

Occitan, gallo, basque, breton, wallon, créole, corse — ou celle dont tu n'as pas encore le nom.

Des milliers de langues, un mépris.

Le silence est tellement vieux que personne ne peut dire pourquoi?

le silence est si vieux que plus personne ne se souvient d'une décision

Une langue a ça de fascinant : son érosion est tellement progressive qu'on ne remarque son absence que lorsqu'il est déjà trop tard.

Un silence si vieux que plus personne ne se souvient d'une décision

Nous pensons que chaque langue mérite d'exister et, plus important encore, qu'elle a quelque chose à dire et à nous apprendre sur la nature humaine.

Aujourd'hui, des milliers de langues sont en danger, des milliers de personnes se retrouvent de plus en plus isolées à cause du nombre décroissant de personnes qui partagent leur langue. L'UNESCO estime qu'il est possible que, sur les 6000 à 8000 langues qui existent aujourd'hui, seules 64 pourraient encore être parlées d'ici 2100. Il s'agit là d'un phénomène sans précédent qui menace la diversité linguistique de l'humanité.

Nous avons décidé de ne pas accepter cette funeste prédiction et de faire en sorte que les langues aujourd'hui menacées retrouvent leur splendeur, mais surtout leur place dans le monde d'aujourd'hui.

soutenir les langues

célébrer les cultures

Des langues existantes perdent des locuteurs.

Langues disparaissent définitivement chaque année.

C'est une toutes les deux semaines.

Des langues sont parlées par 3% de la population.

Notre mission

Aux éditions Beluga, notre mission est de participer à la sauvegarde des langues qui sont en danger et de leur permettre de s'épanouir.

Nous pensons que, pour qu'une langue perdure, elle doit être utilisée, mais surtout, être utile. C'est pour cela que nous souhaitons produire des livres qui pourront aider une langue à s'épanouir et à se renouveler.

Nos actions

Nous savons que, bien souvent, ce n'est pas la bonne volonté qui manque, mais plutôt les ressources. C'est pourquoi nous voulons créer des ressources qui permettront à chacun d'apprendre des langues qui semblent autrement inaccessibles et que nous souhaitons permettre à tous de lire dans ces langues et, ainsi, de ne plus se sentir isolés.

Je rêve en chamicuro,
mais, mes rêves, je ne peux les raconter à personne,
parce que personne d’autre que moi ne parle chamicuro.
On se sent seul quand il n’y a plus que soi.

-Natalia Sangama

Adresse

479 5e rue de la Pointe

Shawinigan, G9N 1E4

Québec

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